Source : Blast, le souffle de l’info,un média indépendant et citoyen@blast 13.01.2026
ournaliste : Laurence Delleur*
Après le scandale des #maltraitances en #Ehpad qui avait durablement discrédité Orpea, le groupe privé — rebaptisé #Emeis — s’invite dans un autre champ de la santé : la #psychiatrie. Près de #Strasbourg, il a obtenu l’autorisation d’ouvrir une vaste clinique psychiatrique pour adolescents, alors que la politique nationale privilégie les soins sans hospitalisation. Cette décision, validée par l’Agence régionale de santé, soulève de nombreuses questions. Comment ce projet a-t-il été autorisé, et pourquoi à ce groupe en particulier ? Enquête sur cette implantation controversée et sur les choix de l’État face au privé dans la santé mentale.
Face à un projet qui semble prendre le contrepied des recommandations officielles, Blast a enquêté pour comprendre comment #Emeis a obtenu le feu vert des autorités.
Pour y voir clair, il faut remonter aux origines du projet #Europsy. Orpea tentait depuis près de 20 ans de s’implanter en psychiatrie en #Alsace. Dès 2007, le groupe présente un projet de clinique de “90 lits d’hospitalisation complète et 10 places de jour ». En 2012, il revient à la charge à #Schiltigheim, au sein du pôle médical de l’Ill, où il gère déjà une maison de retraite et deux cliniques. A chaque fois, l'Agence régionale d'Hospitalisation, rebaptisée ensuite ARS, refuse d’accorder les autorisations. Patrick Métais, directeur médical de la filiale sanitaire d’Orpea de 2004 à fin 2010, explique : « A l’époque, l’ARS ne veut pas du privé lucratif ».
Orpea et l’Alsace, une longue histoire
De quoi parle-t-on exactement ? L’ancien cadre d’Orpea, Patrick Métais, éclaire notre lanterne. Selon lui, « même avant le retentissement du livre Les Fossoyeurs, Orpea souffrait déjà d’une mauvaise image dans le secteur, notamment en raison de sa recherche continuelle de profit et de son modèle de centralisation à outrance ». Traduction : une gouvernance très verticale laissant peu d’autonomie aux établissements locaux. Pour obtenir de nouvelles autorisations, Orpea aurait donc eu recours à un petit partenaire jugé plus fréquentable pour les autorités. Un ancien directeur de clinique chez #Clinipsy souhaitant rester anonyme estime qu’Orpea se serait allié à Clinipsy pour masquer sa propre réputation auprès de l’ARS. « J’ai toujours pensé que Clinipsy était apporteur d’affaires de Clinea et qu’Emmanuel Masson se servait de Laurent Morasz pour obtenir des autorisations », confie-t-il. Un ancien responsable d’un grand groupe concurrent estime que ce type de montage est courant en psychiatrie.
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Journaliste, Laurence Delleur a réalisé des documentaires pour France 2
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