Aujourd'hui, j'aimerais vous parler de mes #troublesbipolaires !
Je suis une personne "polyconcernée", c'est à dire que je vis avec un TB1, ma mère souffrait d'une Schizophrénie paranoïde, ma grand-mère qui m'a "élevée" d'une maniaco-dépression et ma fille aînée d'un trouble schizo-affectif !
Ça va ? Vous voyez le tableau ? Et c'est pas tout, je n'ai pas connu mon père biologique !
À la place, mes grands-parents ont mariée ma mère "fille-mère" avec mon père adoptif lorsque j'avais 4 ans ! Nous étions issus de la paysannerie girondine tandis que mon père adoptif lui venait d'un milieu bourgeois parisien. Il m'a reconnue et donné son nom. Je me souviens qu'il m'avait offert une poupée Bella plus grande que moi. Il me faisait un peu peur mais j'ai intégré immédiatement qu'il était mon père. Je l'attendais, il était là pour moi ! J'ai toujours jonglé entre les deux classes sociales me prenant des moqueries sur mon accent bordelais, ma façon de m'habiller, regarder mes cousins jouer au tennis, ma tante et mon oncle s'attachant à m'expliquer que dieu créait des pauvres et des riches et qu'il fallait accepter...
La vie à la maison était émaillée de violences diverses la plupart du temps déclenchées par ma mère qui finissaient en disputes entre tous les membres de la famille, les grands-parents, oncles, tantes, cousins, cousines. Puis on appelait l'hôpital psychiatrique. Une ambulance emmenait ma mère qui se débattait en hurlant.
Imaginez ce que ça pouvait produire dans le cerveau d'une enfant ! Personne ne faisait attention à moi dans un recoin de la pièce principale. Je voyais tout, je me taisais. Plus tard, ma grand-mère allait au lit en pleurs. Moi, je faisais de même. Je caressais mon Mickey Mouse en priant dieu de guérir ma mère pour qu'elle ne crie plus.
Mes grands-parents m'emmenaient voir ma mère au Centre Abbadie à Bordeaux. Je me souviens du chemin en pente peint en rose pour les ambulances, des infirmières qui me donnaient des boîtes à pilules vides pour m'amuser. Ma mère ressemblait à un panda après les électrochocs. Elle me faisait peur ! En sortant, lorsque mes grands-parents s'étaient entretenus avec les psychiatres, en pleurs, en rage, sans espoir, mon grand-père m'achetait une banane trop mûre dans l'épicerie à côté.
On rentrait en silence dans la vieille Peugeot de mon grand-père. Ma grand-mère allait directement au lit en pleurant. Moi, j'allais trouver du réconfort auprès de mes lapins dans leurs clapiers. Leur douce fourrure contre mon visage me calmait. Bien sûr, je savais qu'ils seraient rôtis au four le dimanche mais je n'avais pas d'autre source de chaleur.
Voilà comment mon histoire de petite-fille adoptée a commencé. Ce n'est que bien plus tard à l'âge de 8 ans que j'ai appris mon secret de ma naissance.
Série à suivre...
Marie Agnès READING
Alias Bipolaire On Air
La Journée mondiale des troubles bipolaires ("World Bipolar Day"), une initiative de l'International Bipolar Foundation (IBPF), de l'International Society for Bipolar Disorders (ISBD) et de l'Asian Network of Bipolar Disorder (ANBD) est célébrée chaque année le 30 mars, le jour d'anniversaire de naissance de Vincent Van Gogh qui a été, à titre posthume, diagnostiqué comme étant probablement atteint de trouble bipolaire.
L'objectif de cette journée est de sensibiliser et d'informer sur ces troubles auparavant appelé maniaco-dépression ou psychose maniaco-dépressive.
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