1.Je suis originaire d'un petit village au bord de la Dordogne dans la région bordelaise.
2. Je suis une enfant bâtarde. J'ai appris mon origine biologique par hasard à l'âge de 8 ans. Ma mère était tombée enceinte d'un forain de passage à la fête du village un soir d'été de 1958, lequel avait disparu au petit jour.
3. J'ai été légitimée par mon père adoptif lors de son mariage avec ma mère en 1964. Celui-ci était parisien. Il ne pouvait pas avoir d'enfants et il m'a aimée comme sa propre fille. Ma mère souffrait de schizophrénie paranoïde et ma grand-mère de maniaco-dépression !
4. Quand j'étais petite, on m'appelait Marie-Agnès puis en sixième, estimant que mon prénom faisait bonne-soeur, j'ai dit à mes camarades que je m'appelais Agnès. Ce n'est bizarrement qu'en 2020 que l'administration m'a fait remarquer que sur ma fiche d'état civil, je me prénommais MARIE virgule Agnès. Totalement confuse d'apprendre que je portais le prénom de ma grand-mère, j'ai décidé de revenir à Marie Agnès sans tiret.
5. Je suis rentrée en sixième avec deux ans d'avance que j'ai perdus puisque j'ai redoublé en quatrième et en première en raison des traumatismes subis dans ma famille. J'étais une enfant solitaire et rebelle à l'adolescence. Je fuguais parfois. J'ai fumé dès l'âge de 12 ans. Je faisais de la moto de trial.
6. À 20 ans, je suivais des cours à l'Ecole Normale d'instituteurs à Bordeaux et prenais des cours de pilotage sur avions de tourisme.
7. J'ai émigré en Angleterre en 1982. J'ai rencontré mon mari et eu deux filles. Nous habitions à Hastings dans le sud-est au bord de la mer.
8. J'ai fait des études de secrétariat et gagné des prix d'excellence puis j'ai travaillé à Londres pour Eurotunnel à l'époque du forage du Tunnel sous la Manche.
9. J'ai fait deux dépressions post-partum non prises en charge à la suite de mes accouchements.
10. Nous avons migré en France en 1993 lorsque j'ai réussi le concours d'entrée d'une organisation internationale basée à Strasbourg. Mes filles avaient 4 et 2 ans. Elles sont restées bilingues.
11. J'ai pas mal voyagé en Europe et j'ai de vifs souvenirs par exemple de réunion à Bucarest dans l'ancien Palais du dictateur Nicolae Ceaușescu exécuté le 25 décembre 1989 et d'une mission à Tirana peu de temps après l'ouverture de l’Albanie communiste en isolement total de 1946 à 1992. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Albanie a vécu l’une des dictatures les plus brutales d’Europe de l’Est !
12. Mon parcours psychiatrique a commencé à la suite d'une énorme dépression à 40 ans causée par la mort de mon père qui laissait ma mère seule à la maison. J'ai connu l'isolement et la contention.
13. Puis s'ensuivirent des épisodes maniaques délirants intenses et incompréhensibles puisque le diagnostic en était resté à de la dépression sévère. Pas de traitement adapté ni de psychoéducation. La psychothérapie seule ne pouvait donc être efficace.
14. Ma mère est finalement décédée à l'hôpital psychiatrique en mars 2006. Elle me manque... Ma fille aînée est partie faire ses études la même année à Bath en Angleterre à 18 ans, ce qui m'a fait chuter à nouveau. J'ai enchaîné les hospitalisations en HP.
15. Puis ce fut le tour de ma fille cadette de partir pour l'Université de Canterbury. Celle-ci resta en Angleterre jusqu'en 2020, puis migra en Australie.
16. Mon aînée tombait gravement malade au début de sa 2e année d'Université. Bouffée délirante aigüe ! Hospitalisée pendant 2 mois à Strasbourg, elle est courageusement retournée terminer sa licence en média et cinéma. Puis, elle a accepté un travail à Strasbourg pas du tout dans son domaine afin de pouvoir être soignée et hospitalisée de temps à autre.
17. En 2015, elle reçut un premier diagnostic de trouble bipolaire et du coup, moi aussi.
18. Toutes les deux placées sous curatelle renforcée l'année suivante, puis mises en invalidité, divorce en 2017. Famille explosée par la maladie.
19. Ma fille et moi avons commencé à prendre conscience de l'importance de l'observance des traitements et de l'alliance thérapeutique avec nos psychiatres. J'ai obtenu avec soulagement la mainlevée de ma curatelle en 2021.
20. Elle a créé une chaîne Youtube pour parler de troubles psy, "Les petites vidéos de Millie", ce qui n'était pas commun à l'époque ainsi qu'une page Facebook dédiée à la santé mentale intitulée "Bipolaire On Air", à laquelle j'ai consacré du temps au quotidien jusqu'en 2024.
21. Nous avions contribué à la constitution de la Maison de la santé mentale à l'Eurométropole de Strasbourg puis j'ai été élue présidente jusqu'en 2024.
Conclusion: Mes filles ont eu un fils. La vie suit son cours avec ses hauts et ses bas mais ce qui est sûr, c'est que Millie et moi sommes mieux armées aujourd'hui pour faire face aux aléas et aux assauts de la #bipolarité !
Autrice : Marie Agnès READING
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