J'ai grandi avec des proches en #souffrancepsychique ! J'ai écouté avec attention cette émission¹ qui m'a intéressée au plus haut point. Je suis née en 1959 alors on pourrait se dire qu'à l'époque, c'était "normal" de ne pas tenir compte de la souffrance des enfants mais aujourd'hui au XXIe siècle, c'est carrément incompréhensible !
Pour ma part, non seulement les psychiatres ignoraient mon existence, mais à la maison, on me disait par exemple, "ah mais t'as encore énervé ta mère !" ou bien en rentrant de l'école, "va voir ta grand-mère, elle est au lit encore en train de pleurer ses morts!", ou bien encore "va dire aux voisins d'appeler les secours !" Nous n'avions pas de téléphone.
Lorsque les secours arrivaient, j'assistais, invisible, à des scènes de violence extrême, ma mère qui hurlait, qui se débattait, qui devenait bleue, et qui finalement rendait les armes. Je la voyais partir dans l'ambulance le cœur serré car je savais pertinemment que je ne la reverrai pas avant des mois. En effet, elle subissait "les traitements" de l'époque tels que les électrochocs et autres. Mes grands-parents m'emmenaient lui rendre visite dès mon plus jeune âge. C'était au Centre Abbadie à Bordeaux censé être à l'avant-garde de pratiques "nouvelles" en psychiatrie.
Ma grand-mère alternait des épisodes maniaques et dépressifs qui me heurtaient de plein fouet. Le médecin de famille passait la voir et lui prescrivait des anxiolytiques et somnifères.
Dans les années 70s, ma mère a bénéficié d'injections dites "retard" supposées lui apporter du répit pour 3 semaines mais le calme ne régnait pas plus de quelques jours. Ma grand-mère a commencé à séjourner à l'hôpital psychiatrique Garderose à Libourne.
Les autres membres de la famille faisaient comme ils pouvaient pour continuer de vivre et de travailler !
Et moi, j'allais à l'école. J'aimais bien. Ça me permettait d'avoir une bulle d'oxygène. En rentrant, j'avais la boule au ventre craignant ce qui m'attendait. Je passais du temps avec les animaux de la ferme derrière la maison ou à la menuiserie de mon grand-père.
Absolument PERSONNE ne m'a emmenée chez un.e psychologue !
Je suis partie définitivement en Angleterre à l'âge de 23 ans laissant le chaos derrière moi. J'y retournais deux fois par an. Ils sont morts les uns après les autres. J'ai fondé une famille en Angleterre puis nous avons migré à Strasbourg en 1993.
Ma fille ainée fut diagnostiquée du trouble bipolaire à 25 ans et moi en suivant. Le terreau fertile familial était propice à la maladie mentale...
Ma fille Millie Caroline Reading et moi avons très tôt parlé du sujet sur YouTube, Facebook et avons participé à la création de la Maison de la santé mentale à Strasbourg.
Il est certain que mon enfance et mon adolescence semées de traumatismes non verbalisés, auront impacté ma vie entière et m'ont fragilisée.
Enfance brisée = adulte bancale !
¹ https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/etre-et-savoir/grandir-avec-un-parent-en-souffrance-psychique-6187275?at_campaign=Facebook&at_medium=Social_media
#maladiesmentales
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